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COVID-19, forêt et monde municipal, apprendre à jongler avec une nouvelle réalité ! La parole est à nos élues…

Guylaine Sirois préfet élue au suffrage universel MRC de TémiscouataInterrogées sur la situation sans précédent que nous vivons tous sans exception depuis la mi-mars, les préfètes Chantale Lavoie, de la MRC de La Matapédia et Guylaine Sirois, de la MRC de Témiscouata, misent sur la bonne volonté, la compréhension, l’écoute, la collaboration et surtout sur l’innovation de tous les citoyens durant les jours et mois à venir. « La forêt, c’est notre moteur économique! », confirme d’entrée de jeu Mme Chantale Lavoie. 

S’il y a une réalité qui soit, c’est bien que ces deux femmes soient à la tête de territoires pour qui la forêt est primordiale, voire même vitale pour assurer leur prospérité. Mais qu’en est-il vraiment ? En bref, La Matapédia est assise sur un territoire à 90 % sous couvert forestier, la moitié en forêt privée et l’autre publique. La reprise des activités va occasionner beaucoup d’impacts et de frais, comme partout ailleurs. Les enjeux et les facteurs sont nombreux, d’un bord comme de l’autre explique Mme Lavoie. La responsabilité de chacun incombe plus que jamais en temps qualifié de crise par la préfète. « Notre rôle à la MRC est d’être un accompagnateur. C’est ce que nous faisons. Ma porte est toujours grande ouverte! Nous avons appuyé plusieurs projets jusqu’à présent et nous poursuivrons ainsi. Cependant, si vous me parlez des taxes foncières, je dois vous répondre de vous adresser aux municipalités, car ce n’est pas notre rôle. Dans ce dossier, nous comprenons les besoins des producteurs forestiers de boisés privés, mais nous avons des considérants. » 

Considérants adoptés récemment par les élus municipaux de Causapscal et de Lac-au-Saumon et appuyés par les élus de la MRC de La Matapédia, tous en désaccord avec le Projet de loi no 48 – Loi visant principalement à contrôler le coût de la taxe foncière et à simplifier l’accès au crédit de taxes foncières agricoles – impact de l’application d’un taux de taxe distinct pour les immeubles forestiers sous aménagement. Loi présentée à l’Assemblée nationale le 5 novembre 2019, par André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Présentation suivie de consultations et de son adoption le 17 mars dernier, sanctionnée le même jour. 

Même écho à la MRC du Témiscouata. La COVID-19 fragilise l’économie de ses 19 municipalités, un territoire ici à 87 % sous couvert forestier, dont la moitié est en forêt privée. Une économie qui mobilise 2000 employés, tout secteur confondu, de la plantation à la transformation, dont 900 sont des emplois permanents précise fièrement, Mme Sirois. Comme c’est le cas dans La Matapédia, la liste des entreprises de l’industrie forestière touchées par la pandémie est nombreuse. « À ce stade-ci, il faut faire un examen chacun pour soi puis se mettre en mode collaboration plus que jamais, et surtout miser sur l’innovation. Il faut se distinguer des autres pour réussir à passer au travers cette vague et se préparer aux suivantes, s’il y en a. On ne peut le savoir maintenant. Je suggère aux propriétaires forestiers de s’ouvrir à la diversification en poursuivant l’aménagement. Je pense qu’en ce moment tout le monde en subit les impacts. D’un autre côté, nous avons besoin de budgets supplémentaires. » 

Quant à la tordeuse des bourgeons de l’épinette, Mme Lavoie se réjouit de la décision de la SOPFIM de procéder aux arrosages, alors que Mme Sirois aimerait bien voir son territoire arrosé de façon préventive. « Pourquoi attendre que la TBE arrive? » 

De toute évidence, que l’on parle des dossiers antérieurs, comme les taxes foncières et la règlementation sur les milieux humides ou des nouveaux dossiers à venir, ceux reliés à l’industrie forestière, les deux préfètes appréhendent des impacts importants et coûteux… prêtes à réagir certes, mais avec peu de moyens financiers.

 

Par Chantale Arseneault, coordinatrice à l’information du SPFBSL

Source : Perspectives Forêts - Juin 2020